
Le duel s'annonçait passionnant, il l'a été. Deux noms qui parlent d'eux-mêmes : SANTORO, RODDICK. Deux anciens vainqueurs : 1997 pour le premier, 2005 pour le second. Tout était réuni pour un grand spectacle. Et pendant deux heures, les deux joueurs n'ont pas déçu et ont régalé les spectateurs d'un Central copieusement garni pour l'occasion. A l'arrivée, c'est Santoro qui s'impose à l'issue du plus beau match du tournoi jusqu'ici (7/6(5), 3-6, 6-4).
Le match démarre comme on s'y attendait : à la puissance de l'Américain répond le toucher de balle du Français. Services à 220 km/h d'un côté, coups improbables de l'autre.
Paradoxalement, c'est Roddick qui doit s'employer à plusieurs reprises pour conserver sa mise en jeu alors que Santoro enchaîne les jeux de service plutôt faciles. Mais les deux joueurs sont tellement proches l'un de l'autre qu'aucun ne parvient à se procurer la moindre balle de break. Le jeu décisif est donc inévitable.
Santoro rate son entrée, commet notamment une double faute, et est obligé de faire la course derrière. Les deux joueurs tournent à 4-2, avantage Roddick. Mais deux balles dans le couloir de l'Américain et un superbe enchaînement service-volée permettent à Santoro de reprendre l'avantage 5-4. Un ace et une double faute de l'Américain plus tard, Santoro mène 6-5. Une nouvelle faute directe adverse lui offre le gain du jeu décisif, 7 points à 5. Et du set, 7 jeux à 6.
Piqué au vif, Roddick ne met pas longtemps à réagir. Dès le jeu premier jeu de service de Santoro, il augmente l'intensité de son jeu et s'offre la première balle de break de la rencontre. Le Français ne doit son salut qu'à une décision litigieuse d'un juge de ligne qui juge faute une balle qui paraissait bonne. Mais ce n'est que partie remise : deux points plus tard, l'arbitre déjuge un de ses assistants et annonçant une balle bonne… alors qu'elle paraissait faute.
Roddick prend donc le large 3-0. Dans la foulée, il sauve une balle de débreak et mène 4-1. Il s'offre même une nouvelle balle de break, synonyme de balle de set, à 5-2 en sa faveur. Une volée dans le couloir d'un Santoro un peu moins précis qu'en début de partie et voilà les joueurs à égalité une manche partout (6-3).
Mais c'est bien connu, Santoro ne meurt jamais. C'est lui qui entame le mieux l'ultime manche. Avec un peu de réussite, il profite d'une balle freinée par la bande du filet pour ravir le service adverse. Ce qui a le don de passablement énerver l'Américain, furieux contre l'arbitre, et du coup pris grippe par le public. Dans cette ambiance de corrida, Santoro, lui, reste dans son match. Malgré un jeu marqué par de nouvelles palabres entre l'Américain et l'arbitre, il confirme son break sur un ace.
Santoro sert pour le match à 5-4 en sa faveur. Ace, 15-0. Ace, 30-0. Ace, 40-0. C'est Roddick dans le corps de Santoro. Balle trop longue, 40-15. Retour parfait, 40-30. Volée acrobatique. Jeu, set et match, Santoro. Le public est debout, personne n'a vu les deux heures passer. Les deux joueurs auront bien mérité leur standing ovation.
Réactions :
Fabrice SANTORO : "
C'est une grande victoire, qui plus est face à un joueur du top 10, ancien numéro 1 mondial et gros serveur. A part Kafelnikov, j'ai battu au moins une fois tous les numéros 1 mondiaux que j'ai rencontrés !
Le prochain match face à Sébastien Grosjean sera très différent mais tout aussi difficile. Surtout qu'on se connaît très bien, même si on ne s'est pas rencontrés depuis 5 ans".
Andy RODDICK : "
C'était un match difficile. Je me sentais bien, j'ai bien tapé la balle, mais Fabrice a très bien joué. L'arbitre ? Je ne lui en veux pas, tout le monde peut avoir un jour sans ! Mais j'espère revenir l'an prochain car c'est un tournoi que j'aime beaucoup et où j'ai déjà réalisé de grandes performances".